Au XIIᵉ siècle, le village appartient en tout ou partie à une famille noble dite « de Chapelle », comptée vers 1200 parmi les bienfaiteurs de la cathédrale de Lausanne, indice d’un lignage local influent. Guillaume de Chapelle, chevalier, épouse la fille du Major de Dommartin. Cette alliance rattache la famille de Chapelle à un centre de pouvoir voisin et annonce son déplacement d’ancrage seigneurial.
chronologie
Une famille noble porte le nom de Chapelle
1220
Transfert progressif des biens aux Vullien puis Genève–Lullin
1250
Une partie des biens de l’ancienne famille de Chapelle passe ensuite aux nobles de Vullien, puis aux nobles de Genève–Lullin, illustrant la circulation féodale des patrimoines par cessions et recompositions.
Inféodation d’un domaine à Rolet Vionet
1340
Vers 1340, le baron Louis de Savoie inféode à Chapelle un vaste domaine d’environ trois cents poses à Rolet Vionet, riche bourgeois de Moudon. Cet acte illustre la politique savoyarde visant à confier la gestion des terres à des élites urbaines disposant de moyens financiers et de réseaux solides, tout en consolidant l’emprise seigneuriale sur le territoire et la mise en valeur durable du terroir local.
Attribution de la métralle à Anselme de Clémentzat
1354
En 1354, l’office de la métralle est donné par le comte de Savoie à Anselme de Clémentzat, moyennant un versement annuel prélevé sur les émoluments de la charge, révélant son caractère fiscal et judiciaire.
Transmission du domaine à Féronnet Vionet
1355
Quinze ans après l’inféodation initiale, Rolet Vionet transmet le domaine de Chapelle à son fils Féronnet Vionet. Cette succession, conforme aux usages féodaux et patrimoniaux de l’époque, atteste la continuité de la famille Vionet parmi les détenteurs des terres de Chapelle et son rôle durable dans l’encadrement foncier local.
Jean Serragin entre dans la chaîne des transmissions
1370
Dans la continuité des transmissions du domaine de Chapelle au sein des élites locales, la fille de Féronnet Vionet épouse le bourgeois moudonnois Jean Serragin. Cette alliance matrimoniale marque l’entrée de la famille Serragin dans la chaîne de détention du domaine et illustre le rôle central des mariages dans la circulation des biens fonciers entre lignages urbains et seigneuriaux.
Françoise Serragin épouse Nicod d’Ifflens
1410
Dans la continuité des transmissions patrimoniales de la métralle et du domaine de Chapelle, Françoise Serragin, unique héritière de Jean Serragin, apporte une importante fortune en épousant le noble Nicod d’Ifflens. Cette alliance marque le passage des droits et des biens de Chapelle dans une famille de rang nobiliaire, illustrant les liens étroits entre bourgeoisie urbaine et noblesse régionale.
Début de la seigneurie des Praroman
1450
Par alliance, la fille de Nicod d’Ifflens apporte la seigneurie à Henri de Praroman, bailli de Lausanne sous l’épiscopat d’Aymond de Montfalcon (1495–1499), ouvrant une longue période de domination praroman.
Homage au duc de Savoie
1497
Le 29 janvier 1497, Raoul de Praroman, héritier de la seigneurie de Chapelle–Vaudanne, rend hommage au duc Philibert de Savoie. Cet acte solennel confirme officiellement les droits seigneuriaux de la famille de Praroman et entérine son intégration pleine et entière dans la hiérarchie féodale de l’État savoyard.
Premier Besson attesté à Chapelle
1524
Vers 1524, le seigneur de Praroman nomme Jacques Fillet, dit Besson, à la fonction de métral de Chapelle. En tant que représentant local du seigneur, le métral est chargé de l’administration du domaine, de la perception des redevances et de l’exercice de la justice seigneuriale. Cette nomination marque la première attestation du nom de Besson dans la localité et l’entrée durable de cette famille dans l’administration seigneuriale et l’histoire sociale du village.
André de Praroman prend possession de la seigneurie de Chapelle
1660
Vers 1660, André de Praroman devient maître de la terre de Chapelle. Issu de la bourgeoisie lausannoise, il administre désormais la seigneurie de manière directe et méthodique, renforçant le contrôle des droits seigneuriaux, la gestion des terres et l’application des obligations pesant sur les habitants.
André de Praroman devient seul seigneur de Chapelle
1662
En 1662, André de Praroman consolide définitivement sa position en devenant seul seigneur de Chapelle. Il réunit l’ensemble des droits seigneuriaux sur le territoire et détient la seigneurie comme fief noble relevant de Berne, sans obligation de prêter hommage.
Renforcement de la justice seigneuriale sous André de Praroman
1664
Dans les années 1660, André de Praroman exerce avec fermeté les droits de moyenne et de basse justice sur la seigneurie de Chapelle. Il renforce le contrôle seigneurial, surveille étroitement la gestion communale et impose une administration centralisée et rigoureuse du territoire.
Rodolphe Samuel de Praroman devient seigneur de Chapelle et Martherenges
1745
En 1745, noble Rodolphe Samuel de Praroman prend officiellement le titre de seigneur de Chapelle et de Martherenges. Cet acte confirme la continuité de la domination de la famille de Praroman sur la seigneurie et illustre le maintien des structures seigneuriales jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.
Vente à Charles Louis de Réal
1794
En 1794, la famille de Praroman vend la seigneurie de Chapelle à Charles Louis de Réal pour la somme de 20'000 livres. Cette cession marque la fin de la seigneurie féodale locale et précède de peu l’abolition des droits féodaux, dans le contexte des bouleversements politiques et institutionnels liés à la Révolution.
Succession et base de traitement du général de Meuron
1800
À la suite de la succession du noble de Réal, le général de Meuron voit ses droits évalués dans le cadre de la liquidation féodale. Le traitement financier qui lui est accordé est fixé à 19'000 francs, nettement inférieur aux 47'766 francs initialement estimés, illustrant la dévalorisation des anciens droits seigneuriaux à la fin de l’Ancien Régime.
Acquisition du château par Jean Charles Pache
1827
En 1827, le notaire Jean Charles Pache acquiert le château de Chapelle. Cette transaction marque le passage définitif de l’ancien patrimoine seigneurial à une famille bourgeoise locale, inscrivant le domaine dans une continuité privée dont les descendants demeurent encore propriétaires aujourd’hui.