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chronologie

Naissance du nom Capella
1177

À l’aube du XIIIᵉ siècle, le lieu qui deviendra Chapelle-sur-Moudon est mentionné pour la première fois sous la forme latine Capella. Cette appellation renvoie à l’existence d’une petite chapelle, élément structurant du territoire au haut Moyen Âge, autour duquel s’organise progressivement l’habitat et l’identité du lieu.

Une famille noble porte le nom de Chapelle
1220

Au XIIᵉ siècle, le village appartient en tout ou partie à une famille noble dite « de Chapelle », comptée vers 1200 parmi les bienfaiteurs de la cathédrale de Lausanne, indice d’un lignage local influent. Guillaume de Chapelle, chevalier, épouse la fille du Major de Dommartin. Cette alliance rattache la famille de Chapelle à un centre de pouvoir voisin et annonce son déplacement d’ancrage seigneurial.

Paroisse Saint-Martin et organisation religieuse
1228

En 1228, l’église Saint-Martin est attestée comme église paroissiale. Cette reconnaissance confirme l’existence d’une communauté locale structurée autour d’un centre religieux stable, qui joue un rôle essentiel dans l’organisation spirituelle, sociale et territoriale du village.

Capella Waldana, première mention du toponyme complet
1228

Dans le prolongement de l’appellation Capella, la mention de Capella Waldana marque une étape clé dans la fixation du nom du lieu. Elle traduit le passage d’une désignation générique, centrée sur l’existence d’une chapelle, à un toponyme individualisé par un qualificatif d’origine anthroponymique. Le terme Waldana, issu du nom Waldo, renvoie vraisemblablement au fondateur ou au détenteur du domaine sur lequel l’édifice cultuel a été établi. Cette évolution reflète une logique médiévale courante, associant repère religieux et référence seigneuriale, et préfigure les formes ultérieures Capella Vaudanne.

Transfert progressif des biens aux Vullien puis Genève–Lullin
1250

Une partie des biens de l’ancienne famille de Chapelle passe ensuite aux nobles de Vullien, puis aux nobles de Genève–Lullin, illustrant la circulation féodale des patrimoines par cessions et recompositions.

La terre devient propriété savoyarde
1300

Au début du XIVᵉ siècle, la plus grande partie de Chapelle – Vaudanne passe sous l’autorité du comte de Savoie, probablement à la suite du démembrement et de la recomposition des possessions seigneuriales autour de Moudon. Cette intégration marque une rupture institutionnelle : le village quitte une organisation essentiellement locale pour s’inscrire durablement dans les cadres administratifs et juridiques de la seigneurie savoyarde.

Inféodation d’un domaine à Rolet Vionet
1340

Vers 1340, le baron Louis de Savoie inféode à Chapelle un vaste domaine d’environ trois cents poses à Rolet Vionet, riche bourgeois de Moudon. Cet acte illustre la politique savoyarde visant à confier la gestion des terres à des élites urbaines disposant de moyens financiers et de réseaux solides, tout en consolidant l’emprise seigneuriale sur le territoire et la mise en valeur durable du terroir local.

Épidémie de peste et effondrement démographique
1348

Au milieu du XIVᵉ siècle, Chapelle – Vaudanne est frappée par la peste noire, grande pandémie qui ravage l’Europe entre 1348 et 1352. Comme dans de nombreuses communautés rurales, la mortalité est extrême et entraîne un effondrement démographique estimé à près des trois quarts de la population, bouleversant durablement l’organisation sociale et l’exploitation des terres.

Attribution de la métralle à Anselme de Clémentzat
1354

En 1354, l’office de la métralle est donné par le comte de Savoie à Anselme de Clémentzat, moyennant un versement annuel prélevé sur les émoluments de la charge, révélant son caractère fiscal et judiciaire.

Transmission du domaine à Féronnet Vionet
1355

Quinze ans après l’inféodation initiale, Rolet Vionet transmet le domaine de Chapelle à son fils Féronnet Vionet. Cette succession, conforme aux usages féodaux et patrimoniaux de l’époque, atteste la continuité de la famille Vionet parmi les détenteurs des terres de Chapelle et son rôle durable dans l’encadrement foncier local.

La communauté paysanne apparaît comme acteur juridique
1358

La « communauté des paysans de Chapelle » intervient comme telle dans un procès auprès du bailli de Vaud à Moudon, signalant l’émergence d’une structuration communale au début du XIVᵉ siècle.

Nouvelle peste puis incendie
1360

Vers 1360, le village est frappée par une nouvelle épidémie de peste, bientôt suivie d’un incendie qui ravage le village. Ces catastrophes successives achèvent de ruiner une communauté déjà fortement affaiblie, provoquant d’importantes pertes humaines et matérielles et accentuant durablement le déclin démographique et économique du site.

Attestation de Cappella Vouzanna
1361

La forme « Cappella Vouzanna » apparaît dans les sources médiévales comme une nouvelle variante du nom de Chapelle. Elle témoigne de l’évolution progressive du qualificatif issu de Waldana, adapté aux usages linguistiques romans locaux, et illustre les fluctuations orthographiques courantes dans les documents du Moyen Âge.

Jean Serragin entre dans la chaîne des transmissions
1370

Dans la continuité des transmissions du domaine de Chapelle au sein des élites locales, la fille de Féronnet Vionet épouse le bourgeois moudonnois Jean Serragin. Cette alliance matrimoniale marque l’entrée de la famille Serragin dans la chaîne de détention du domaine et illustre le rôle central des mariages dans la circulation des biens fonciers entre lignages urbains et seigneuriaux.

Jean Serragin achète la métralle de Chapelle
1382

Jean Serragin acquiert du comte de Savoie la métralle de Chapelle, c’est-à-dire les droits de justice exercés sur la communauté. Cet acte renforce son autorité seigneuriale locale et illustre la délégation progressive de compétences judiciaires à des bourgeois influents, dans le cadre de l’organisation administrative savoyarde.

Recteur de l’hôpital Saint-Marie des pauvres
1403

En 1403, Jean Serragin est attesté comme recteur de l’hôpital Saint-Marie des pauvres à Moudon, signe d’une forte notabilité urbaine et d’un positionnement central dans les institutions locales.

Françoise Serragin épouse Nicod d’Ifflens
1410

Dans la continuité des transmissions patrimoniales de la métralle et du domaine de Chapelle, Françoise Serragin, unique héritière de Jean Serragin, apporte une importante fortune en épousant le noble Nicod d’Ifflens. Cette alliance marque le passage des droits et des biens de Chapelle dans une famille de rang nobiliaire, illustrant les liens étroits entre bourgeoisie urbaine et noblesse régionale.

Le village compte vingt-deux feux
1416

En 1416, le village est recensé avec vingt-deux feux. Cet indicateur fiscal, couramment utilisé à l’époque, permet d’estimer la taille de la population et témoigne d’une communauté villageoise restreinte mais déjà structurée sur le plan administratif et social.

Début de la seigneurie des Praroman
1450

Par alliance, la fille de Nicod d’Ifflens apporte la seigneurie à Henri de Praroman, bailli de Lausanne sous l’épiscopat d’Aymond de Montfalcon (1495–1499), ouvrant une longue période de domination praroman.

Attestation du toponyme Capella Vaudanne
1453

La forme « Capella Vaudanne » apparaît dans les sources comme une étape décisive de l’évolution du toponyme. Elle témoigne de l’adaptation progressive du qualificatif issu de Waldana aux usages romans locaux et précède la francisation définitive en « Chapelle–Vaudanne », désormais stabilisée dans les documents modernes.

Philibert de Savoie
Homage au duc de Savoie
1497

Le 29 janvier 1497, Raoul de Praroman, héritier de la seigneurie de Chapelle–Vaudanne, rend hommage au duc Philibert de Savoie. Cet acte solennel confirme officiellement les droits seigneuriaux de la famille de Praroman et entérine son intégration pleine et entière dans la hiérarchie féodale de l’État savoyard.

Premier Besson attesté à Chapelle
1524

Vers 1524, le seigneur de Praroman nomme Jacques Fillet, dit Besson, à la fonction de métral de Chapelle. En tant que représentant local du seigneur, le métral est chargé de l’administration du domaine, de la perception des redevances et de l’exercice de la justice seigneuriale. Cette nomination marque la première attestation du nom de Besson dans la localité et l’entrée durable de cette famille dans l’administration seigneuriale et l’histoire sociale du village.

Conquête bernoise du Pays de Vaud
1536

En 1536, la conquête bernoise du Pays de Vaud entraîne un profond changement politique et institutionnel. Après la capitulation de Moudon et la soumission de la région, Berne réorganise le territoire en bailliages. Chapelle est intégrée au bailliage de Moudon, administré depuis le château de Lucens, et la Réforme est imposée dans l’ensemble du pays soumis à l’autorité bernoise.

André de Praroman prend possession de la seigneurie de Chapelle
1660

Vers 1660, André de Praroman devient maître de la terre de Chapelle. Issu de la bourgeoisie lausannoise, il administre désormais la seigneurie de manière directe et méthodique, renforçant le contrôle des droits seigneuriaux, la gestion des terres et l’application des obligations pesant sur les habitants.

André de Praroman devient seul seigneur de Chapelle
1662

En 1662, André de Praroman consolide définitivement sa position en devenant seul seigneur de Chapelle. Il réunit l’ensemble des droits seigneuriaux sur le territoire et détient la seigneurie comme fief noble relevant de Berne, sans obligation de prêter hommage.

Renforcement de la justice seigneuriale sous André de Praroman
1664

Dans les années 1660, André de Praroman exerce avec fermeté les droits de moyenne et de basse justice sur la seigneurie de Chapelle. Il renforce le contrôle seigneurial, surveille étroitement la gestion communale et impose une administration centralisée et rigoureuse du territoire.

Arrêt de Lucens dans le conflit seigneur–communauté
1674

Les exigences seigneuriales accrues entraînent de vives tensions entre André de Praroman et les habitants de Chapelle. Les conflits portent sur les redevances, les corvées, les droits d’usage et la gestion des biens communaux. Un jugement rendu au château de Lucens tranche un large conflit entre le seigneur et les communiers. La sentence attribue à chacune des parties certains points, mais confirme l’essentiel des droits seigneuriaux.

Confirmation du jugement en appel à Berne
1674

En novembre 1674, la Chambre des appellations romandes à Berne confirme le jugement rendu à Lucens dans le conflit opposant le seigneur aux communiers. Les frais de justice sont mis à la charge des recourants, ce qui accentue le mécontentement et le ressentiment des habitants.

Audience à Berne et sanction des communiers
1675

Après démarches et recours, les communiers sont renvoyés devant les instances compétentes; un arrêt réserve leur châtiment. Sur ordre souverain, le bailli de Moudon les fait emprisonner brièvement à Lucens.

Droit de haute justice et fourches patibulaires
1680

En 1680, la famille de Praroman obtient du gouvernement bernois le droit de haute justice sur la seigneurie de Chapelle. Jusqu’alors limitée à la basse justice exercée par un métral, leur autorité s’étend désormais aux peines capitales, symbolisées par l’installation de fourches patibulaires, dont l’usage semble être resté exceptionnel.

Reconstruction de l’église Saint-Martin
1724

En 1724, l’église Saint-Martin fait l’objet d’importants travaux de reconstruction. Le vaisseau est rebâti et un clocher est ajouté, renforçant le rôle de l’édifice comme repère topographique, religieux et communautaire au cœur du village.

Rodolphe Samuel de Praroman devient seigneur de Chapelle et Martherenges
1745

En 1745, noble Rodolphe Samuel de Praroman prend officiellement le titre de seigneur de Chapelle et de Martherenges. Cet acte confirme la continuité de la domination de la famille de Praroman sur la seigneurie et illustre le maintien des structures seigneuriales jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

Construction du château de Chapelle
1750

Vers 1750, le château de Chapelle est édifié. Son implantation transforme durablement le paysage bâti et symbolise l’affirmation d’un pouvoir seigneurial résidentiel, marquant la présence et le statut social des détenteurs de la seigneurie.

Chapelle compte 268 habitants
1764

En 1764, la population de Chapelle est estimée à 268 habitants. Ce chiffre constitue un repère démographique pour le XVIIIᵉ siècle et témoigne d’un village de taille modeste, mais relativement stable à la veille des profondes transformations de la fin de l’Ancien Régime.

Construction du Casino
1777

Le bâtiment dit du « Casino » est construit en 1777. À l’origine, son premier étage est destiné aux rencontres et aux jeux, servant de lieu de sociabilité villageoise plusieurs soirs par semaine. Cette fonction se maintient jusqu’en 1930, faisant du Casino un élément central de la vie sociale locale.

Vente à Charles Louis de Réal
1794

En 1794, la famille de Praroman vend la seigneurie de Chapelle à Charles Louis de Réal pour la somme de 20'000 livres. Cette cession marque la fin de la seigneurie féodale locale et précède de peu l’abolition des droits féodaux, dans le contexte des bouleversements politiques et institutionnels liés à la Révolution.

Liquidation des droits féodaux
1794

Peu après l’acquisition de la seigneurie, Charles Louis de Réal est contraint de renoncer à l’ensemble de ses droits seigneuriaux lors de la liquidation des droits féodaux. Le bureau de liquidation procède à une réévaluation à la baisse des revenus attachés à la seigneurie, entraînant une forte diminution de sa valeur économique et juridique.

Construction du vieux four à pain
1796

Le vieux four à pain, situé à la rue du Château, est édifié en 1796. Récemment rénové, il demeure régulièrement utilisé pour des « cuites » de pain et diverses animations saisonnières, perpétuant une tradition artisanale et communautaire profondément ancrée dans la vie du village.

Révolution vaudoise
1798

Le 24 janvier 1798, la Révolution vaudoise éclate sous l’influence des idées de la Révolution française. Des comités patriotes, appuyés par la France, proclament l’indépendance à Lausanne et mettent fin à l’autorité des baillis bernois, ouvrant une nouvelle phase politique pour le Pays de Vaud.

Charles-Daniel de Meuron
Succession et base de traitement du général de Meuron
1800

À la suite de la succession du noble de Réal, le général de Meuron voit ses droits évalués dans le cadre de la liquidation féodale. Le traitement financier qui lui est accordé est fixé à 19'000 francs, nettement inférieur aux 47'766 francs initialement estimés, illustrant la dévalorisation des anciens droits seigneuriaux à la fin de l’Ancien Régime.

Acquisition du château par Jean Charles Pache
1827

En 1827, le notaire Jean Charles Pache acquiert le château de Chapelle. Cette transaction marque le passage définitif de l’ancien patrimoine seigneurial à une famille bourgeoise locale, inscrivant le domaine dans une continuité privée dont les descendants demeurent encore propriétaires aujourd’hui.

Construction de l’ancienne école du village
1839

L’école du village est construite en 1839 pour répondre aux besoins scolaires de la population locale. 

Pic démographique du XIXᵉ siècle
1850

En 1850, Chapelle atteint une population d’environ 368 habitants. Ce niveau constitue un pic démographique au XIXᵉ siècle, avant les fluctuations observées par la suite, liées aux évolutions économiques, agricoles et aux dynamiques de mobilité de la population.

Un incendie détruit une partie du village
1888

En 1888, un incendie majeur ravage une partie du village de Chapelle. Plusieurs habitations sont détruites, entraînant d’importantes reconstructions et contribuant à une transformation durable du bâti et de l’organisation spatiale du village.

Arrivée de l’électricité à Chapelle
1902

En 1902, l’électricité est introduite à Chapelle, marquant une étape majeure dans la modernisation du village. Cet équipement transforme progressivement les conditions de vie quotidienne, l’éclairage public et privé, ainsi que les pratiques artisanales et agricoles, inscrivant durablement la commune dans la dynamique technique du XXᵉ siècle.

Le coeur lors de la restauration
Restauration du temple après fouilles
1924

En 1924, une restauration importante du temple est entreprise à la suite de fouilles archéologiques. Ces travaux traduisent une attention patrimoniale accrue et une volonté de préserver et de mettre en valeur l’héritage historique et religieux du village.

Adoption du nom Chapelle-sur-Moudon
1953

En 1953, la commune adopte officiellement le nom de Chapelle-sur-Moudon afin d’éviter toute confusion avec d’autres localités homonymes. Cette décision s’inscrit dans une politique cantonale de clarification toponymique et renforce l’identification du village à son territoire régional.

Forages pétroliers infructueux
1958

En 1958, des forages sont entrepris à Chapelle dans l’espoir de découvrir des ressources pétrolières. Ces recherches se révèlent infructueuses, mais témoignent des tentatives d’exploration et d’exploitation industrielle du sous-sol menées au milieu du XXᵉ siècle.

Synthèse historique par John Besson
1987

En 1987, John Besson publie une synthèse retraçant près de huit siècles d’histoire de Chapelle. Cet ouvrage de référence fixe durablement la mémoire historique locale et constitue une base essentielle pour la connaissance et la transmission du patrimoine du village.

Fusion communale et fin de l’autonomie administrative
2013

En 2013, Chapelle-sur-Moudon fusionne avec plusieurs communes voisines pour former la commune de Montanaire. Cette réorganisation administrative met fin à l’autonomie communale du village, tout en préservant son identité historique, territoriale et patrimoniale au sein de la nouvelle entité.